Tremblante du mouton
Les signes cliniques
La tremblante du mouton, ou scrapie, est une maladie mortelle et dégénérative affectant le système nerveux central des moutons et des chèvres. Les symptômes de la tremblante varient considérablement selon les animaux et se développent très lentement. En raison de dommages causés sur les cellules nerveuses, les animaux affectés montrent habituellement des changements comportementaux, des phases de tremblement et d'incoordination motrice qui progresse jusqu'à la mort de l'animal. Ces changements du comportement se manifestent par une perte de coordination, une perte de poids, des morsures au niveau des membres, des claquements des lèvres, et des anomalies de démarche.
Historique
D'abord identifiée comme maladie du mouton, en Grande-Bretagne et dans d'autres pays d'Europe de l'Ouest, il y a plus de 250 ans, la tremblante est aujourd'hui signalée dans le monde entier. En France, le premier cas de tremblante a été détecté en 1732, tandis qu'aux Etats-Unis, la maladie a été diagnostiquée pour la première fois seulement en 1947. Or, il s'est avéré que le propriétaire américain du premier troupeau atteint importait des moutons d'origine britannique par le Canada depuis plusieurs années.
Epidémiologie et transmission
La tremblante est une encéphalopathie spongiforme transmissible (EST). Bien que la nature de(s) agent(s) pathogène(s) ne soit pas encore complètement caractérisée, l'agent infectieux serait un prion, une protéine exclusivement endogène modifiée en une forme résistante aux protéases après infection. L'agent de la tremblante est extrêmement résistant à la chaleur et aux processus normaux de stérilisation et ne provoque aucune immunoréaction discernable ou réaction inflammatoire chez les animaux porteurs. Cette maladie serait transmise le plus souvent de la brebis à sa descendance et aux autres agneaux issus du même groupe d'agnelage par contact avec le placenta et les fluides placentaires. Les signes de la maladie apparaissent habituellement deux à cinq ans après infection de l'animal mais ils peuvent se déclencher plus tardivement. Les moutons peuvent vivre un à six mois voire plus longtemps après le début des signes cliniques, cependant la mort est inévitable.
Aspects économiques
Les troupeaux infectés et présentant un pourcentage élevé d'animaux sensibles à la tremblante peuvent éprouver des pertes de production significatives. Dans ces troupeaux et sur une période de plusieurs années, le nombre d'animaux infectés augmente et l'âge de début d'apparition des signes cliniques diminue, rendant ces troupeaux économiquement non viables. Des animaux issus de troupeaux atteints puis revendus transmettent la maladie à d'autres troupeaux.
Plus récemment, la tremblante a suscité une attention et un intérêt de plus en plus croissant, suite à la découverte de l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), et au lien entre l'ESB et la variante humaine de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (vMCJ). Cet intérêt croissant induit les effets suivants:
- Les transformateurs et les producteurs ont éprouvé des difficultés à se débarrasser des abats de moutons et des ovins morts, d'où des augmentations significatives des coûts d'élimination.
- Les marchés nationaux et internationaux de produits alimentaires à base de viande et d'os de moutons ont été durement affectés.
La combinaison de ces facteurs a conduit au développement de programmes d'éradication de la tremblante dans de nombreux pays. Le Ministère Français de l'Agriculture et de la Pêche a récemment mis en place un programme national d'éradication de la maladie pour combattre les encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST) affectant les moutons.
Dans ce cadre, des tests génétiques sont effectués sur les animaux destinés à l'elevage, afin de déterminer leur prédisposition à la maladie.
