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Conception hygiénique et qualité de l'air

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Dossier : Conception hygiénique et nettoyabilité des équipements

 

Conception hygiénique et qualité de l'air dans le cadre du salon IPA, Paris, Novembre 2002


Rédaction : Olivier Rondouin

Intervention faite dans le cadre du salon IPA, Paris, Novembre 2002
© ASEPT SAS, 2002
Depuis une quinzaine d'années, dans l'industrie alimentaire, se développe le concept de salle propre ou blanche. C'est une réponse à un besoin de sécurité accru des produits, mais aussi au besoin de prolongement de leurs durées de vie. Ces installations sont basées sur la maîtrise de la qualité de l'air. Cette maîtrise porte notamment sur les conditions de température, d'hygrométrie et surtout d'empoussièrement. Il ne faut pas oublier également de rajouter à ces conditions des objectifs en matière d'aérobiocontamination.
Et pourtant, il arrive parfois que les résultats escomptés ne soient pas au rendez-vous. Pourquoi ? A notre avis, en raison de la non-prise en compte du problème dans sa globalité. En effet, il ne faut pas perdre à l'esprit que la maîtrise de la qualité de l'air n'est que la maîtrise que d'un vecteur de contamination. Bien souvent, la conception hygiénique du matériel ou des locaux, et sous-entendu son aptitude au nettoyage, n'a pas été suffisamment prise en compte.
Les installations du système aéraulique (centrale de traitement d'air ­ gaines de circulation et éléments de diffusion et de reprise) doivent être conçus en respectant des critères de conception hygiénique. Les matériaux constituant la centrale de traitement d'air doivent être lisses et non absorbants. Les raccordements à l'intérieur de la centrale doivent privilégier l'arrondi. Un soin particulier doit être apporté à l'évacuation des condensats de la batterie froide. Les ailettes doivent être en matériaux résistants au nettoyage. Le pas des ailettes doit permettre leur aptitude au nettoyage. Les pièges à sons constitués de matériaux poreux doivent être évités. Les gaines doivent présenter une surface interne lisse. Les matériaux utilisés doivent être non absorbants. Ici aussi, l'arrondi est préférable. Il faut être vigilant à l'absence de bras morts. Dans la mesure du possible, l'accessibilité au nettoyage de ces gaines est à prévoir. En ce qui concerne les éléments comme les bouches de soufflage ou de reprise, elles doivent pouvoir être démontées facilement pour en assurer le nettoyage. Si des grilles sont installées, les matériaux doivent résister aux produits de nettoyage communément utilisés en industrie alimentaire (bases et acides). Ces grilles de par leur conception ne doivent pas pouvoir constituer des zones de rétentions. Si des gaines "textiles" sont utilisées pour la diffusion de l'air. Leur aptitude au nettoyage doit être validée.
Pour ce qui est de la conception des locaux. Ils doivent tenir compte du principe de la marche en avant. L'étanchéité à l'air doit être soignée. La mise en place de sas pour gérer les flux est à prévoir. Un soin particulier doit être accordé à la conception du réseau de collecte des eaux usées. Les matériaux utilisés pour les murs, plafonds et sols doivent être de couleur claire, non absorbants et facilement nettoyables. Les raccordements entre murs/sol/plafond sont à réaliser en arrondi et de manière étanche. Un éclairage de type encastré affleurant dans le plafond est préférable. L'implantation du matériel ne doit pas nuire à la conception hygiénique des locaux. Les documents de l'EHEDG (European Hygienic Engineering and Design Group) sont des références pour ce type de réflexion.
Pour évaluer la conception hygiénique du matériel et des locaux plusieurs méthodologies expérimentales existent. L'EHEDG travaille actuellement sur une méthode de validation de l'aptitude au nettoyage des surfaces ouvertes. Ce document doit être finalisé d'ici à un an et demi. Son principe est basé sur la réalisation d'un biofilm de Pseudomonas aeruginosa servant de souillures auquel des spores de Bacillus stearothermophilus sont incorporées. Le nettoyage est standardisé à l'aide d'une machine à brosser. La mesure de l'efficacité passe par une numération des spores restantes. Asept de son côté a développé d'autres méthodologies. Les deux axes de travail porte sur la création de tests expérimentaux mimant les conditions pratiques et la création de tests réalisables sur site industriel. Un test de la première famille, consiste à utiliser un robot de nettoyage permettant de réaliser des cycles de nettoyage parfaitement reproductible d'une fois à l'autre. Cela permet de tester l'aptitude au nettoyage de différents types de matériaux ou d'éléments de matériels ou de locaux. On peut tester l'aptitude au nettoyage suite à un encrassement ou plus intéressant l'aptitude au nettoyage après des cycles successifs d'encrassements et de nettoyages. Un test de la deuxième famille repose sur un échantillonnage sur site d'éléments jugés critiques. La technique utilisée permet de récupérer la quasi-totalité des contaminants présents sur les surfaces par l'usage des ultra-sons.
Bibliographie :
- Directives 93/43/CE et 98//37/CE
ISO 14159. Sécurité des machines. Prescriptions relatives à l'hygiène lors de la conception des machines. Avril 2002.
Documents EHEDG
- Le concept de l'atelier ultrapropre dans ses aspects aérauliques. Résumé (pdf) de l'intervention d'Olivier Rondouin dans le cadre du Colloque organisé par l'ACIA et la SFPG "Aéraulique et Industries alimentaires", Paris 17 et 18 janvier 2001