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Electrocuteur d'insectes

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Dossier : Conception hygiénique et nettoyabilité des équipements

 

Note à propos des électrocuteurs d'insectes : quelques idées reçues.


Une discussion récente sur Internet à propos des électrocuteurs d'insectes et de la dissémination des bactéries dans l'air a permis de dégager quelques points à mettre en avant lors de la mise en place d'une action de maîtrise des nuisibles tels que les insectes volants.
Cela souligne qu'il n'existe pas des mesures de maîtrise définies une fois pour toute, mais une adaptation permanente aux exigences toujours changeantes de l'hygiène.
Les électrocuteurs d'insectes sont pris en compte dans le cadre d'un plan de lutte systématique contre les nuisibles et ils sont préférés à l'utilisation de produits chimiques comme les pesticides.
Les électrocuteurs d'insectes attirent les insectes à l'aide de la lumière émise puis ils sont ensuite tués par soit par une grille d'électrocution ou soit par un support adhésif. Ils représentent aujourd'hui la composante classique de la stratégie de lutte mise en uvre par les entreprises dans la maîtrise des insectes volants.
La confiance mise en ces appareils a fait naître pourtant un certain nombre d'idées reçues.

Idée reçue n°1 : une fois installé, l'électrocuteur d'insectes demande peu d'attention. Il suffit de vider le plateau de réception des insectes ou de remplacer le support adhésif de temps à autre. L'électrocuteur n'est pas vérifié et maintenu assez fréquemment. Les plateaux sont souvent sales et remplis d'insectes. Les supports adhésifs sont recouverts de carcasses d'insectes, ce qui peut contribuer à la venue d'autres insectes. Le système, grille et surface collante, doit être nettoyé et vérifié à périodes définies. Au sujet du plateau, un industriel utilise la pesée comme moyen de surveillance de la quantité d'insectes présents après chaque changement du support adhésif et ainsi suivre l'évolution du nombre d'insectes présents.

Idée reçue n°2 : le système fonctionne aussi longtemps que le tube est allumé. La lumière noire a une durée effective de 7 000 heures environs ou 9,5 mois. Parfois les tubes sont remplacés quand ils sont éteints comme le cas de lampes classiques. Le tube doit être nettoyé de temps à autre et remplacé chaque fois que nécessaire. Cela peut (doit ?) être une composante de la prestation de service du fournisseur, tout comme celle du nettoyage et éventuellement du changement de l'emplacement du système pour un piégeage plus efficient.

Idée reçue n°3 : le système muni d'un support adhésif est meilleur qu'un électrocuteur. Cela peut être vrai si les supports adhésifs sont remplacés avant qu'ils ne soient recouverts d'insectes ou de poussières ou avant qu'ils ne s'assèchent. À moins d'être changé fréquemment, un insecte volant peut y rebondir, s'éloigner avec de la glu sur les pattes et tomber plus bas.

Idée reçue n°4 : le système peut être placé au-dessus ou près des aliments et des surfaces en contact avec les aliments. Les insectes volants ne volent pas toujours directement vers la lumière. Ils vont souvent sur une surface proche avant de se diriger vers la lumière. Il est préférable de mettre les systèmes éloignés des zones de préparation des aliments. Ceci signifie qu'il faut attraper les insectes avant, chaque fois que cela est possible.

Dans le cadre d'une réévaluation systématique des pièges des insectes volants et de leur rôle, des auteurs ont étudié la dissémination bactérienne due à l'électrocution de différents insectes. Des insectes domestiques ont été utilisés car ils peuvent être contaminés par des bactéries (Serratia marcescens) soit sous forme d'aérosols ou en mangeant une solution sucrée contaminée. Les insectes sont ensuite relâchés dans un espace contenant un électrocuteur. L'électrocution libère des particules et les bactéries sont détectées par un préleveur d'air contenant un milieu gélosé. Les numérations bactériennes sont de l'ordre de 105 dans le cas d'une contamination par aérosols et de 108 dans le cas d'aliments contaminés consommés par les insectes.
Les résultats de cette étude suggèrent que les électrocuteurs peuvent jouer un rôle dans la dissémination des micro-organismes mais que leur action varie selon l'insecte tué.
 
Ces informations sont à prendre en compte dans les actions de maîtrise et de surveillance du plan de lutte contre les nuisibles.

NB : Le nom " Insect-O-Cutor " est une marque commerciale et le terme adapté en français semble être électrocuteur d'insectes.

Références :
- Broce and J. Urban. Potential Microbial Health Hazards Associated with Operation of Bug Zappers. Session 225 Paper 252. 98th General Meeting of the American Society for Microbiology, Atlanta - Georgia, May 1998, 17-21.
Destructeurs électroniques d'insectes volants (DEIV) en industries agroalimentaires : Conseils méthodologiques pour une bonne utilisation (pdf)