Edition de Juillet 2008 - Contenu détaillé
Edito
Alors que l’IFS et le BRC viennent d’émettre leurs dernières versions (successivement en janvier et juillet 2008), que l’IFS se prépare à publier d’ores et déjà des précisions dans une 3ème note de doctrine, que l’ISO 22000 révise sa première version et envisage « d’associer »un document de clarification sur les désormais fameux PrP, plusieurs milliers de certificats ont été émis de par le monde. Les sites industriels ont pour la plupart été certifiés plusieurs fois et sont rentrés dans un cycle routinier de gestion de leur système de management de la sécurité des aliments.
On distingue deux sortes d'évolutions :
Certains ont choisi une logique tacticienne de gestion de l’effort de certification. En effet, nous avions déjà eu l’occasion d’évoquer, rapidement dans ces lignes, les comportements originaux de certains sites industriels destinés à ménager leurs efforts et « gérer » au mieux les épisodes récurrents des audits et des décisions de certification. Il s’agit de faire des choix très affinés pour se préparer de manière très professionnelle aux audits, et prévoir les positions à afficher auprès de l’auditeur lorsqu’il s’agira de répartir les poids pour les non-conformités. Ces attitudes sont possibles à condition que les sites concernés disposent :
1. d’une connaissance très fine des référentiels et de leurs protocoles,
2. de systèmes de management de la sécurité alimentaire rompus aux rouages, et "transmis" aux opératuers,
3. d’un encadrement très impliqué
4. d’une culture de l’audit avancée.
Ces situations ne sont pas des plus simples à gérer par l’auditeur, tant l’audité est expert. Mais elles placent le débat à un niveau élevé et permettent à l’organisme de prendre des décisions sereines, puisque la maîtrise des sites concernés est bonne.
Attention aux dérives….
Ces comportements paraissent comme un objectif à atteindre pour plusieurs patrons de PME qui aimeraient que les rendez-vous annuels d’audit créent moins de stress, soient mieux préparés que les années précédentes, et requièrent cela à leur département qualité.
Cependant, des dérives sont à craindre, et pourraient aboutir à des
situations fâcheuses, entraînant des pertes et/ou suspension des
certificats. Il en est ainsi par exemple lorsque l’animateur principal
du projet change (généralement le directeur qualité), lorsque le
référentiel maîtrisé émet une nouvelle version différente de la
précédente, lorsque les priorités de l’entreprise sont orientées
ailleurs… : dans ces cas, le système en lui-même n’est pas
nécessairement désarçonné, mais la capacité du représentant de l’audité
à « gérer » le traitement des objections, non conformités, remarques et
autres sollicitations de l’auditeur, pourrait faire défaut en son
absence.
L'autre évolution que nous constatons, est celle des sites qui, eu
égard à leur expérience des audits, utilisent leur droit au choix
volontaire de l’organisme certificateur, en fonction de son « aptitude
» à ne pas trop pinailler dans le processus d’audit et de
certification. Ces situations sont insidieuses, complexes à gérer des
deux côtés, et ne répondent pas toujours à des codes connus ni
conventionnels. Les raisons qui poussent à cela sont nombreuses mais
généralement communes : le patron de l’entreprise peut se plaindre de
la difficulté vécue par ses troupes à s’en sortir lors de l’audit, le
directeur qualité peut anticiper le prochain audit et s’orienter vers
un prestataire plus conciliant, l’audité en tant qu’entité peut porter
un jugement sur la personnalité de l’auditeur, et donc du climat
d’audit….
Toutes ces raisons peuvent être légitimes et paraître dans bien
d’autres métiers. Sauf que la sanction (écarter l’organisme au profit
d’un autre) est dans la majorité de ces cas abusive. Le plus cocasse,
est que l’entreprise défend cette position et la justifie, arguant de
la « liberté de choix » qui est, dans ces cas, élevée au rang de droit
inaliénable. les industriels paraissent être les instances les plus
légitimes pour conduire ce type de travaux, pour le bénéfice de tous.
En attendant, il serait vain de tenter des projections. Seule la
satisfaction des distributeurs, à l’origine de ces démarches, laisse
entrevoir que les objectifs qui ont nourri leurs initiatives sont en
cours d’être
atteints.
Ces situations, non durables à la longue du fait que les auditeurs sont sensés émettre des avis très proches sur des situations similaires, seront toujours possibles tant que la relation de l’audité et de l’auditeur sera marquée du sceau commercial et répondra à la logique des relations traditionnelles de fournisseurs à clients. Il s’agit là d’une des faiblesses les plus difficiles à contourner dans ce système complexe des reconnaissances par partie tierce au niveau international.
Faut-il ainsi considérer que ces systèmes ont atteint leur stade de maturité ? Ces situations décrites permettent-elles de l’affirmer ? Nous n’en sommes pas là. Du moins, nous l’espérons.
Que les industriels fournissent des efforts orientés pour bien « gérer » les audits est une chose (légitime par ailleurs), mais nous en retiendrons surtout leur capacité à correctement démontrer leur conformité par rapport à des normes de plus en plus exigeantes. Force est de constater que les dispositifs de sécurité alimentaires sont meilleurs (plus efficaces) chez ceux qui bénéficient de certificats. Enfin pour mesurer le chemin parcouru et le niveau de maturité, une étude pourrait parvenir à y répondre. Il s’agirait de comparer, avant et après, les démarches de certifications, les performances des entreprises en matière de sécurité alimentaire, tenant compte des résultats de leurs autocontrôles, des contrôles tiers, des inspections, des fréquences et de la gravité des « crises » éventuelles…
L’essentiel de ces données étant confidentiel, les organisations représentants les nidustriels paraissent être les instances les plus légitimes pour conduire ce type de travaux, pour le bénéfice de tous.
En attendant, il serait vain de tenter des projections. Seule la satisfaction des distributreurs, à l'origine de ces démarches, laisse entrevoir que les objectifs qui ont nourri leurs initiatives sont en cours d'être atteints.
Fayçal Bellatif
Actualités de la certification
Le BRC à la conquête des Etats-Unis
Une délégation du British Retail Consortium (BRC) s'est rendue aux Etats-Unis début mars dans l'espoir de convaincre certains grands groupes comme Wal-Mart et McDonald's d'adopter le système de certifcation internationale BRC pour leurs fournisseurs.Cette initiative fait suite à une récente déclaration de Wal-Mart qui prévoyait d'avoir recours à des entreprises d'inspection externes pour contrôler la qualité des services de ses fournisseurs. D'autres grands groupes américains ont également exprimé leur intérêt pour le référentiel Safe Quality Food (SQF) de management de la qualité et de la sécurité des aliments. Le BRC espère pouvoir s'imposer en parallèle.
Cresus certifié Iso 22000
Neuf mois après le début de la commercialisation de ses premiers jambons San Daniele, Cresus, le nouvel
opérateur du secteur de la charcuterie italienne, a obtenu la certification ISO 22000:2005 relative à la gestion de la
sécurité
des denrées alimentaires, de l'organisme international DNV (Det Norske
Veritas). Cresus, qui a aujourd'hui une capacité de production de 65
000 jambons devrait clôturer 2008 avec des ventes de plus de 5 millions
d'euros. Ses jambons sont vendus à la coupe ou tranchés en barquettes.
Le BRC/IoP 3 en version française
Le référentiel BRC IoP version 3, dont le champ d'application a été étendu en janvier 2008 à tous les types
d'emballages et à tous les types d'activité, est désormais disponible en version française. Le " Global Standard for
Packaging and Packaging Materials " est proposé depuis le 19 mai sur le site du BRC. La version 3 conserve
l'ensemble des exigences de la version 2, bien que certaines aient été reformulées. Parmi les nouveautés, on
distingue la mise en place du pilotage du système de gestion, le renforcement de l'analyse des risques et des
exigences clients, l'intégration de l'hygiène dès la conception du produit ou encore la mise en place de contrôle en
ligne des équipements.
Monique Ranou obtient l'ISO 22000
La filiale de charcuterie industrielle du groupe Intermarché a obtenu la certification liée au système de management de la sécurité alimentaire applicable à toute sa chaîne de production, à la suite d'un audit du Bureau Véritas. L'ISO 22000 va permettre à la société de garantir la gestion appropriée de ses risques et dangers tout au long de la chaîne d'approvisionnement. L'objectif est de sécuriser totalement le management sanitaire des aliments depuis la réception des matières premières jusqu'au conditionnement et au transport des produits.
Plaimont renouvelle ses certifications
Le groupe coopératif Plaimont, basé dans le Gers, a obtenu le renouvellement de ses certificats IFS et BRC qui
garantissent
la sécurité de la préparation des vins, de l'activité d'embouteillage,
du stockage et des expéditions des vins produits par ses adhérents. Ces
deux référentiels sont un gage de la qualité des vins produits par le
groupe. Elles garantissent la responsabilité de la direction de
Plaimont, le management du système de la qualité des vins,
l'implémentation d'un système HACCP, la gestion des ressources humaines
et matérielles, et la qualité du process de fabrication, des mesures et
des analyses réalisées.
L'ISO 22000 attribué à Système U
Deux entrepôts logistiques de la centrale régionale Sud de Système U ont obtenu la certification ISO 22000 après
l'audit réalisé par Bureau Veritas. Il s'agit des sites de Vendargues dans l'Hérault, et d'Agen dans le Tarn. Selon
Bureau Veritas, Système U Sud serait le seul acteur de la grande distribution en France reconnu par cette norme
internationale de management de la sécurité sanitaire des aliments.
Premier producteur d'aliments pour animaux certifié ISO 22000
Le Danois Aller Petfood a obtenu en décembre dernier la certification ISO 22000 : 2005 relative à la sécurité des
denrées alimentaires. Bien que cette norme soit largement utilisée dans la chaîne d'approvisionnement pour
l'alimentation humaine, Aller Petfood, société basée à Fredericia au Danemark, est la première entreprise
européenne de production d'aliments pour animaux de compagnie à obtenir cette reconnaissance de qualité, qui
garantit la sécurité de ses produits et une bonne gestion des risques tout au long du process.
Brèves réglementaires en sécurité des aliments : extraits de www.vigial.com
- Note de service DGAL/SDSPA/N2008-8130 du 04/06/2008 : Fièvre Catarrhale Ovine - Conditions de mouvements des ruminants sur le territoire national, dans le cadre des échanges communautaires et avec la Suisse.
- Évaluation de l'adéquation des méthodologies existantes et, le cas échéant, de l'identification de nouvelles approches d'évaluation des risques cumulés et synergiques que présentent les pesticides pour la santé humaine, en vue d'établir des LMR pour ces pesticides dans le cadre du règlement (CE) n° 396/2005.
- Règlement (CE) no 483/2008 de la Commission du 30 mai 2008 enregistrant certaines dénominations dans le registre des appellations d'origine protégées et des indications géographiques protégées
- Note de service DGAL/SDSPA/N2008-8122 du 28/05/2008 : Statut des États membres et régions d'États membres de l'Union Européenne et conditions sanitaires applicables aux échanges intracommunautaires de bovins, d'ovins, de caprins et de porcins.
- Décision de la Commission du 30 avril 2008 aux fins de l'application de la directive 2006/88/CE du Conseil concernant la création d'une page d'information fondée sur l'internet destinée à rendre accessibles par voie électronique des informations sur les exploitations aquacoles et les établissements de transformation agréés
- Règlement (CE) no 460/2008 de la Commission du 27 mai 2008 modifiant le règlement (CE) no 85/2004 fixant la norme de commercialisation applicable aux pommes
- Avis relatif à l'ouverture d'une procédure nationale d'opposition pour la demande de reconnaissance de l'indication géographique protégée « Dinde de l'Ardèche »
- Avis de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments sur la possibilité de régionaliser le niveau de risque épizootique en matière d'influenza aviaire au regard de la situation de l'influenza aviaire hautement pathogène à virus H5N1 en Suisse et au Royaume-Uni.
- Note de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments relatif à la consommation d'huile de tournesol raffinée contaminée par des huiles minérales ou des produits alimentaires contenant comme ingrédient cette huile
- Avis de
l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments relatif à
l'imprégnation corporelle en dioxines des forts consommateurs de
produits animaux d'origine locale dans le cadre de l'étude InVS-Afssa
de novembre 2006
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