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Cryptosporidium : un pathogène au cœur des problématiques des piscines

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La forte fréquentation des piscines peut conduire à une augmentation de la flore microbienne en tous genres (bactéries, virus, …), pathogène ou non, et pour laquelle la désinfection par méthode chimique (ex : chloration) n’est pas toujours efficace.

Les principales maladies contractées dans les piscines sont causés par de micro-organismes pathogènes comme Legionella, Pseudomonas, Escherichia coli ou encore les Cryptosporidium.

En France, des contrôles règlementaires sont réalisées sur les eaux de loisirs incluant des bactéries comme les entérocoques, E. coli, Pseudomonas et Staphylococcus. Cependant, un parasite à l’origine de troubles gastro-intestinaux est bien connu Outre-Manche comme étant liés à des épidémies déclarées dans des piscines et ne fait pas partie de ses contrôles : Cryptosporidium.

 

Qu’est-ce que Cryptosporidium ?

Cryptosporidium est un protozoaire parasite unicellulaire pathogène pour l'Homme capable de provoquer des diarrhées, appelées cryptosporidioses, chez plusieurs espèces de vertébrés. Cependant, Cryptosporidium peut être détectés chez des porteurs sains. Cinq espèces sont considérés comme pathogènes mais plus de 90% des cas de cryptosporidiose humaine sont causés par C. parvum, dont les principaux réservoirs « animal » sont les ruminants, et C. hominis.

Les oocysts de Cryptosporidium sont viables et infectieux dans l’eau douce et dans les fèces jusqu’à 6 mois à des températures entre 0 et 30°C.

 

Les piscines : lieux de prédilection de Cryptosporidium

Ce parasite est fréquemment rencontré dans les piscines car il est résistant aux traitements chimiques de routine tels que la chloration et présente donc un challenge pour la gestion des bassins.

Cela fait plus de 10 ans que cette problématique est connu aussi bien aux Royaume-Unis qu’aux Etats-Unis.

Le rapport de mai 2018 du « Public Health England » [1] fait état des données suivantes pour 2016 :

  • Le nombre de Cryptosporidium reporté entre 2015 et 2016 a dépassé la moyenne de 2010-2014 ;
  • Les épidémies rapportées étaient principalement liés aux piscines et aux fermes ;
  • Les enfants (< 10 ans) ont été les plus touchés ;
  • Il existe une saisonnalité dans les cas de cryptosporidiose : un premier pic apparait en avril et le second pic, le plus important, en septembre. La contamination s’effectue également par l’eau de baignade, de boisson ou d’arrosage. Ces pics peuvent s’expliquer par le changement des habitudes de la population (baignades, consommation de légumes crus, …).

Selon un rapport publié aux Etats-Unis en juin 2019 par le « Center for Disease Control and Prevention » (CDC) [2], le nombre de cas de cette maladie a augmenté en moyenne de 13% par an entre 2009 et 2017. Les épidémies enregistrées sont imputables à 35% à des piscines, des pataugeoires ou des parcs aquatiques.

L’ « European Centre for Disease prevention and Control » a publié en 2018 un rapport épidemiologique pour Cryptosporidium sur l’année 2015. Ce rapport inclus 34 pays, dont la France, qui avec 5 autres pays de l’EU/EEA n’ont pas reporté de données sur le sujet (« no data reported ») [3].

 

Quelles pratiques peuvent aider à réduire le risque d’infection ?

Les pratiques individuelles d’hygiène peuvent être mises en place. Chalmers RM et al. (2018) a décrit dans sa publication les voies de transmission de Cryptosporidium dans les piscines intérieures et extérieures et les mesures pouvant être prise aux différentes étapes de la transmission [4].

Le « Public Health England »  suggère également de s’orienter vers le site du « Public Health Wales » [5] qui propose des  guides et des mesures préventives concernant les bonnes pratiques d’hygiène comme :

  • éviter d’avaler de l’eau en nageant ;
  • ne pas utiliser les eaux de loisirs publiques (ex : piscines) pendant les 2 semaines après la guérison ;
  • se laver les mains avec du savon et de l’eau chaude avant de manger ou de préparer de la nourriture, après avoir utilisé les toilettes, … ;
  • laver et peler les fruits et les légumes avant de les manger et éviter de consommer du lait ou des jus de fruits non pasteurisés.

L’ANSES [6] propose également des recommandations plutôt orientés vers l’alimentation.

En France, les contrôles environnementaux règlementaires pour les Cryptosporidium concernent les eaux résiduaires épurées, les eaux de surface, les eaux souterraines et les eaux destinées à la consommation humaine : les analyses sont réalisées suivant la norme NF T 90-455. Bien que cela ne soit pas règlementaire, il serait intéressant, à la vue des données épidémiologiques décrites précédemment, de contrôler de manière régulière les eaux de loisirs (piscines publiques, parcs aquatiques, piscines des hôtels, …). Cela permettrait en cas de résultats positifs de mener des actions correctives rapides et ainsi de limiter les risques d’infection.

 

Eurofins | Expertises Environnementales réalise l’analyse des Cryptosporidium et des Giardia sous accréditation COFRAC concernant les eaux décrites dans la norme NF T 90-455 (www.cofrac.fr, portée n°1-5375) mais peut également réaliser ces analyses sur d’autres eaux, dont les eaux de loisirs, et sur des matrices complexes telles que les sédiments, les boues et les aliments.

 

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Sources :

[1] Cryptosporidium spp data 2007 to 2016 (May 2018) https://assets.publishing.service.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/711919/cryptosporidium_spp_data_2007_to_2016_may_2018.pdf

[2] Cryptosporidiosis Outbreaks — United States, 2009–2017 ​https://www.cdc.gov/mmwr/volumes/68/wr/mm6825a3.htm?s_cid=mm6825a3_w%5C

[3] Annual Epidemiological Report for 2015 Cryptosporidiosis https://ecdc.europa.eu/sites/portal/files/documents/AER_for_2015-cryptosporidiosis.pdf

[4]“Understanding the public health risks of Cryptosporidium in swimming pools: a transmission pathway approach”. Chalmers RM et al., 2018. DOI : 10.1177/1757913918772795

[5] Cryptosporidium Reference Unit: Swimming Pool Guidance http://www.wales.nhs.uk/sites3/page.cfm?orgid=457&pid=49029

[6] Caractéristiques et sources de Cryptosporidium spp. https://www.anses.fr/fr/system/files/MIC2010sa0232Fi.pdf