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Focus Agroalimentaire : notre newsletter >> Focus Agroalimentaire 68 - Mars 2022 >> Gestion du risque allergènes émergents

Gestion du risque allergènes émergents : un nouveau défi pour les industriels et les laboratoires

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Quelle réglementation pour les allergènes émergents ?

Selon l’avis de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) publié en décembre 2018 [1], le risque anaphylactique lié aux allergènes émergents est supérieur à celui de certains allergènes listés dans l’Annexe II du règlement européen n°1169/2011. Ces allergènes émergents concernent notamment le sarrasin, le lait des petits ruminants (chèvre et brebis), le kiwi, le pignon de pin, certaines viandes de mammifères dans le cas de l’allergie à l’alpha-gal, le pois et les lentilles. Ces allergènes émergents ne sont à l’heure actuelle pas soumis à obligation d’information du consommateur en Europe. Par conséquent, l’Anses mentionne que la liste des allergènes de l’Annexe II devrait être mise à jour afin de tenir compte des risques identifiés. Comme indiqué sur le site FARRP (Food Allergy Research and Resource Program) [2], il existe d’ores et déjà des règles ou des recommandations d’étiquetage pour certains allergènes dits « émergents » dans certains pays, comme par exemple le porc et le bœuf en Corée, et le sarrasin en Corée et au Japon.

Dans l’objectif de la protection des consommateurs allergiques, et pour bien se préparer à une éventuelle évolution des règles d’étiquetage, la détection des allergènes émergents est susceptible de devenir un nouveau défi pour les industriels et pour les laboratoires d’analyse.

Solution analytique Eurofins pour la détection des allergènes alimentaires émergents

Pour la détection des allergènes alimentaires émergents, les laboratoires Eurofins proposent déjà un certain nombre de solutions analytiques, comme par exemple la détection et la quantification de protéines de sarrasin par test ELISA (Enzyme-Linked Immuno Sorbent Assay). Ce test est important car le sarrasin est, parmi les allergènes émergents non listés dans l’Annexe II, à l’origine d’un nombre important de cas d’anaphylaxie alimentaire sévère, avec 3 % des cas recensés par le Réseau d’Allergo Vigilance® (RAV) entre 2002 et 2017 [1].

Pouvant toucher les adultes et les enfants, l’α-gal (alpha-galactose) est également un allergène émergent important, avec 1,2% des cas enregistrés pendant la même période [1]. Chez les personnes concernées par cette allergie, les symptômes peuvent se manifester après consommation de viande de mammifères contenant de l’α-gal, comme le bœuf, le porc, l’agneau, le lapin, le veau, le cheval, certains gibiers, le kangourou et l’élan [3]. Il est à noter que l’α-gal est habituellement absent chez l’homme, les oiseaux et les poissons. Par conséquent, la consommation de volailles et de poissons ne poserait pas de risque évident en termes d’allergie à l’α-gal. Les mécanismes immunologiques ne sont pas encore entièrement compris, mais il semble exister un lien [3] entre cette allergie et les morsures de tique, dans la mesure où l’α-gal a été trouvé dans certaines espèces de tiques. Partant du constat qu’un pourcentage élevé de personnes allergiques aurait été mordu par des tiques, ceci pourrait être une explication de la sensibilisation et du déclenchement de cette allergie.

Comment détecter l’alpha-gal ?

Contrairement à la grande majorité des autres allergènes alimentaires, l’α-gal n’est pas une protéine. Par conséquent, le développement d’un test protéique comme l’ELISA pour la détection de ce glucide n’est pas envisageable. Toutefois, la détection d’ADN de viande de mammifères associés à l’allergie à l’α-gal devient possible grâce à la technologie « Puce à ADN » proposée par notre laboratoire Eurofins Biologie Moléculaire France de Nantes. Cette « Puce à ADN » est un véritable laboratoire miniaturisé (« Lab on a chip ») permettant de détecter de manière simultanée et dans un délai très court jusqu’à 21 espèces animales. Les avantages de ce test sont multiples :

  • 1 seul test accrédité [4] pour la détection d’ADN de viandes de mammifères d’une part (bœuf, porc, mouton, lapin, cheval, certaines espèces de gibier), et pour la détection d’un large panel d’oiseaux d’autre part (poulet, dinde, oie, autruche, canard colvert, canard musqué, faisan),
  • 2 réponses avec 1 seul test : la vérification de la composition de vos produits en matière d’espèces animales + la détection d’ADN de viandes de mammifères associées à l’allergie à l’α-gal,
  • La grande sensibilité du test, grâce à la technologie PCR (réaction de polymérisation en chaîne) et l’utilisation de séquences d’ADN « multi-copies ».

Une des forces du réseau de laboratoires Eurofins consiste en sa capacité de rapidement mettre en place des nouveaux outils analytiques, pour faire face aux besoins de demain en termes de risque sanitaire et d’évolutions réglementaires.

Pour plus d’information contactez votre interlocuteur Eurofins habituel ou BioMolNantes@Eurofins.com

Références : 

[1] Avis de l’Anses Saisine n°2015-SA-0257
[2] Food Allergens - International Regulatory Chart | FARRP | Nebraska, n.d. URL https://farrp.unl.edu/IRChart.
[3] Young, I., Prematunge, C., Pussegoda, K., Corrin, T., Waddell, L., 2021. Tick exposures and alpha-gal syndrome: A systematic review of the evidence. Ticks Tick Borne Dis 12, 101674. 
[4] COFRAC Essais n° accréditation 1-6730 portée disponible sur www.cofrac.fr

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